Une prison de comté doit-elle produire sa chaleur et son électricité à partir de résidus forestiers ? Le conseil des superviseurs du comté d'El Dorado, en Californie, estime que l'idée mérite un examen sérieux. Le 27 octobre, il a donné son accord de principe pour lancer la planification et une étude de faisabilité d'une cogénération (CHP) à la biomasse ligneuse à la prison de Placerville, a rapporté Wood Bioenergy le 3 novembre. L'objectif est de réduire la dépendance au propane et de stabiliser les coûts d'énergie à long terme.
La proposition, développée par FLOYD BioEnergy, repose sur deux unités de gazéification modulaires d'environ 70 kW électriques de pointe chacune. Ensemble, elles consommeraient environ 950 tonnes sèches de plaquettes par an. Le bois est transformé en gaz de synthèse, épuré puis brûlé dans des moteurs qui produisent électricité et chaleur récupérable, le tout consommé sur place. Le biochar issu du procédé pourrait générer des revenus de crédits carbone.
Une étude du comté a recensé environ 106 000 tonnes sèches de résidus forestiers disponibles de façon fiable sur son territoire. L'équipement des deux modules est estimé à 1,8 million de dollars, que les aides fédérales attendues pourraient ramener à environ 1,2 million ; avec environ 400 000 dollars pour les autorisations et la planification, l'estimation nette préliminaire est d'environ 1,6 million. Les superviseurs demandent plus de détails sur le financement et les achats avant tout engagement définitif, et veulent conserver de la place sur le site pour des logements de transition prévus.
Petits moteurs, vraie récupération de chaleur
À cette échelle, l'intérêt d'une cogénération dépend fortement de la part de chaleur moteur réellement utilisée. La chaleur de l'eau de refroidissement et des fumées passe normalement aux circuits de chauffage et d'eau chaude du bâtiment par un échangeur à plaques, pour que le liquide de refroidissement du moteur ne se mélange jamais à l'eau du site. Sur une installation de gazéification, où goudrons et poussières font partie du quotidien, il vaut la peine de placer cet échangeur là où on peut l'atteindre et l'ouvrir sans vidanger la moitié de l'installation.
Sources : Wood Bioenergy
